La régulation mise en oeuvre

La régulation du canal se fait par l’amont. Elle est calée sur les besoins des irrigants avec l’objectif de satisfaire la demande dans le délai le plus court possible. Par ailleurs, le Canal de l’Isle ne possède pas de déversoir dans le milieu naturel au cours de son tracé, si ce n’est son exutoire.

Les débits entrants dans le Canal principal sont donc calés en fonction des volumes d’eau nécessaires au bon fonctionnement des filioles d’arrosage. Afin de pouvoir desservir les adhérents qui prenaient de l’eau sur les filioles, des tours d’eau ont été mis en place. Ces tours d’eau (durée pendant laquelle un adhérent peut prendre de l’eau) ont été calculés de façon à ce que ce volume entrant soit constant. Ainsi, en saison d’arrosage, le débit prélevé au niveau du Canal Mixte est quasiment constant.
Le canal principal possède 9 seuils, appelés « transversales » qui permettent de remonter la ligne d’eau afin de pouvoir alimenter les filioles partant du Canal principal.
Concernant la gestion des volumes entrant dans ces fioles, 1/3 d’entre elles sont alimentées en eau en permanence à débit constant. Ces filioles se rejettent toutes dans le canal principal.Les autres filioles du Canal ont des exutoires divers (le Mourgon, les Sorgues) et sont ouvertes par les gardes en fonction des tours d’eau.

Avec ce mode de régulation, le canal de l’Isle reste cependant tributaire des variations de demande dans son réseau, plus particulièrement des variations induites par les prélèvements « à la demande » des stations de pompage. Compenser ces prélèvements « à la demande » oblige le canal à faire transiter de nouveaux volumes, avec un temps de transit de plusieurs heures parfois.

Par ailleurs, le canal de l’Isle a mis en place un suivi de ses prélèvements sur la ressource, comme le suivi des ses rejets. Le débit entrant dans le canal maître et le niveau des bassins de stockage des réseaux pression sont mesurés en continu par sonde et récupérés par télétransmission. Le débit en exutoire est relevé manuellement 2 fois par semaine.Ce suivi régulier des volumes entrant et sortant permet à l’ASCO du canal de l’Isle de réaliser chaque année une étude de flux sur son réseau et donc de disposer d’une connaissance précise des volumes d’eau qui transitent par ses ouvrages.

L’ASCO cherche aujourd’hui à optimiser l’efficacité de sa régulation, de façon, d’une part à répondre au mieux aux demandes de ses adhérents et d’autres part, valoriser au mieux les volumes dont il dispose de par ses droits d’eau. Dans le cadre du Contrat de Canal, l’ASCO du canal de l’Isle lance donc une étude sur la modernisation de la régulation du canal maître.

Le rendu de cette étude réalisée par la SCP a eu lieu début 2013. Elle a permis aux gestionnaires du canal de disposer dans un premier temps d’un diagnostic approfondi du fonctionnement actuel du canal maître. Ce diagnostic a été approfondi grâce à une modélisation des écoulements des eaux dans le canal et s’appuie sur un levé topographique fin sur tout le linéaire du canal maître.

Diagnostic sur les ouvrages du canal maitre

Le diagnostic a permis de mettre en évidence les différentes contraintes pesant sur la régulation du canal, avec entre autres:

  • La fluctuation des débits entrants
  • L’évolution vers la desserte sous pression
  • Le temps de transit important et le faible volume de stockage dans les biefs du canal

Modélistion des débits de pointe en long dans le canal maitre

Sur cette base, une série d’améliorations a été proposée par le bureau d’études retenu, en lien étroit avec nos attentes :

  • Extension du réseau de mesures pour améliorer la connaissance globale des flux
  • Modernisation et / ou remplacement des régulateurs de niveau (les transversales) pour réduire le temps de transit des volumes d’eau et créer des “stocks d’eau” dans les biefs du canal
  • Utilisation du bassin existant de Peyreras comme un bassin tampon

L’ensemble de ces travaux a été chiffré, phasé et nous disposons aujourd’hui d’un plan de route pour améliorer la régulation sur notre canal. Ce travail est aujourd’hui indispensable pour nous permettre d’envisager sereinement l’avenir, plus particulièrement les saisons où nous serons confrontés à des restrictions de prélèvement en Durance.